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1942
Deux ans déjà
qu'une grande partie du territoire français est occupée par les
armées allemandes. La France coupée en deux zones est livrée au
règne de ce que l'on a appelé la cinquième colonne qui a installé
des réseaux de trafiquants. Ils mettent le pays en coupe réglée,
raflant pour l'occupant tout ce qui peut l'être.
Des Français
n'ont pas accepté la défaite et les conditions ratifiées par le
Gouvernement de Vichy qui veut imposer la collaboration avec l'ennemi.
Ils ont organisé la résistance à l'oppression, canalisée par certains
agents du Deuxième Bureau qui en ont reçu la mission.
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Dans la zone dite
libre, un noyau de résistance existe aussi, il prépare et organise déjà
la libération du territoire, lutte contre l'occupant et les collaborateurs.
Celui-ci a cru voir dans l'armée d'armistice une possibilité vite déçue
de reprendre le combat, celui-là a préféré le réseau de renseignements
au service des armées alliées, cet autre la résistance active qui sabote
le dispositif allemand, tente des coups de main contre l'occupant ou ceux
qui le servent. Tous ont accepté contrairement à beaucoup de gens compétents
qui se tiennent à l'écart, les conditions du combat, le climat d'insécurité,
de méfiance et de mouchardage, avec à l'horizon, l'arrestation, l'incarcération,
la torture et pour certains, la mort.
Soudain, le 11 novembre, les troupes anglo-américaines débarquent en Afrique
Française du Nord. Les Allemands en profitent pour occuper la France entière
et la soumettre à leur joug. En mars 1943 ils décrètent le service du
travail obligatoire (S.T.O.). Tous les jeunes gens âgés de 20 et 21 ans
sont obligatoirement tenus de partir travailler dans les usines allemandes.
A la Banque de France de Chamalières, le directeur de l'époque encourage
les jeunes requis à partir sous le prétexte "qu'ils verront du pays ".
Rien n'est fait pour leur éviter l'expatriation et les retenir à l'entreprise,
seul existe pour eux le choix entre le S.T.O. ou le maquis. Certains se
plient et partent pour l'Allemagne, d'autres refusent et rejoignent ceux
qu'on appelle les " combattants de l'ombre ", qui résistent à l'ennemi.
Par contre le caissier général Rousseau soutient la résistance et fait
tout ce qui est en son pouvoir pour éviter le départ des jeunes.
Deux hommes à la Banque de Chamalières font partie du vaste mouvement
français qui est né dans la classe ouvrière, englobant sans distinction
de parti ou de religion, tous ceux qui n'ont pas accepté la défaite, MM.
MOIROUD et LAURIAT.
En octobre 1942, Tony MOIROUD, par l'intermédiaire d'un ami est entré
en contact avec Nestor PERRET, chef de la Résistance clermontoise, qui
lui demande de constituer une organisation à la Banque.
Celui-ci en parle à son camarade LAURIAT, capitaine de réserve dont les
sentiments de patriote ne peuvent être mis en doute. Une liste de collègues
susceptibles de faire partie du mouvement est dressée. Après élimination,
vingt noms inspirant pleine confiance sont retenus. Une réunion de ces
"vingt" a lieu à la Brasserie des Sports, face au stade municipal. Un
plan de recrutement est établi, chacun est chargé de sonder et d'amener
des adeptes, cinq par groupe selon le dispositif de cloisonnement préconisé
par la résistance, les membres d'un groupe, d'une dizaine pour se servir
du terme adopté, ignorant la composition des autres dizaines, ce qui permet
de limiter les dégâts en cas de dénonciation ou d'aveux arrachés par la
torture à ceux tombés aux mains de la milice, organe de répression à la
solde de l'occupant ou de la gestapo, police allemande tristement célèbre
et malheureusement renforcée par des individus, mauvais français, qui
vendent leurs compatriotes.
Le groupe s'organise et commence son travail qui consiste à recueillir
des renseignements susceptibles d'être exploités et qui sont canalisés
jusqu'à Nestor PERRET; à diffuser des journaux clandestins (Libération,
Franc- Tireur, Combat, etc...); des listes noires de personnes qui collaborent
avec l'occupant; à apporter aide à ceux qui sont déjà dans les maquis
et à leur famille, leur fournir les tickets et les cartes d'alimentation,
les faux papiers; à réceptionner des armes qu'il faut distribuer ou entreposer
en lieu sûr; à transmettre des messages radio à destination de l'Angleterre.
Tout ceci dans un climat déprimant, en dehors des heures de travail, malgré
le couvre-feu, les collaborateurs, les miliciens, la gestapo, les délations,
l'angoisse.
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ROUHET André
Marcel
Né le 15-7-1922
à St Laurent de Ceris (Charente).
Mort pour
la France le 4-9-1943 à Ceyssat (P.D.D.)
au cours d'un engagement avec les allemands
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Le 4 septembre 1943
la section déplore son premier mort, le jeune André ROUHET, massacré au
Col de Ceyssat où il avait pris le maquis pour échapper au S.T.O.
Il y a de chaudes
alertes au mois de novembre 1943 Nestor PERRET est arrêté et abominablement
torturé, il ne livre aucun des secrets dont il n'ignore aucun détail ;
l'irruption de la gestapo à la " Brasserie des Sports ", au moment d'une
réunion à laquelle assistait tout l'Etat-Major régional F.F.I., après
une fusillade mémorable au cours de laquelle cinq agents de la gestapo
sont abattus et une passante blessée, nos amis réussissent à s'échapper,
à l'exception des propriétaires qui, arrêtés, sont déportés en Allemagne.
Ils n'ignoraient pas l'existence du groupe puisque tous les détails de
sa création avaient été réglés dans leur établissement.
Pendant que la résistance urbaine continue sa mission, les maquis attendent
le moment d'agir en masse dans des conditions souvent difficiles : maisons
inhabitées dans les petits villages, cabanes fabriquées, n'en sortant
que pour leur ravitaillement ou des missions de sabotage, les transports
d'armes en collaboration avec les groupes d'action de la résistance urbaine
de leur zone.
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ROLLIN Jean Baptiste
Né le 28-1-1902
à Felletin (Creuse).
Maréchal
des Logis
Mort pour
la France en service commandé
le 24-4-1944 à Grenade sur Garonne (Haute Garonne)
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Le 24 avril 1944,
Jean ROLLIN, chef de dizaine du garage, est tué en mission, d'une balle
de mitraillette en pleine poitrine à Saint-Jory dans la Haute-Garonne.
En mai 1944, nous sommes prévenus qu'il sera fait appel à nous pour constituer
une concentration armée dont le rôle consistera à fixer là les forces
allemandes pendant les opérations de débarquement que l'on annonce comme
imminent et à semer le désarroi dans les liaisons et les communications
allemandes.
Une réunion des chefs
de sizaine a lieu, elle donne son accord à l'opération.
Elle s'effectue en deux temps, le premier dirigé par Tony MOIROUD, le
23 mai, le second le 24 mai dirigé par LAURIAT. Ordre a été donné à ceux
qui ne sont pas indispensables en ville de rejoindre le Mont-Mouchet.
Sur cette partie, écoutons parler les intéressés : " Arrivés à la gare,
le matin d'un jour ensoleillé, nous nous retrouvons par petits groupes
qui semblent s'ignorer. L'abandon du foyer et des êtres chers marque les
visages d'une empreinte mélancolique. Chacun emporte dans un paquet ou
une valise, une couverture et deux jours de vivres. Les armes en notre
possession ont été rendues la veille et notre aspect n'a rien de guerrier.
Nous prenons place dans le train qui nous emporte via Issoire, Arvant,
Neussargues, jusqu'à la petite station de Loubaresse, entre Saint-Flour
et Saint-Chely-d'Apcher. Nous partons en groupe pour une longue et pénible
marche. Dans le premier village que nous traversons, nous voyons une affiche
tricolore placardée sur la porte d'une grange. Elle nous procure un pincement
au coeur car on peut y lire : " Ici c'est la République, Vive la France.
" L'accueil des paysans du Cantal est sympathique, ils nous regardent
avec le visage serein et nous offrent le verre de l'amitié. A deux heures
du matin nous atteignons notre but un buron, le buron de la Sillarde où
nous accueillent quelques camarades arrivés là depuis quelques jours.
Nous éprouvons une petite déception car on nous avait dit de n'apporter
que le strict nécessaire, le reste nous étant fourni et il n'y a rien.
Nous nous installons tant bien que mal, certains même dans l'ancienne
loge à cochons. Les formalités d'incorporation se déroulent dans un autobus
des Transports Départementaux, transformé en bureau des effectifs et la
position de ce véhicule au milieu des sapins, loin de toute voie carrossable
et à cette altitude ne laisse pas d'être saisissante, voire cocasse.

Nous apprenons que
le 2 juin 700 S.S. venant de Mende ont attaqué le réduit du Mont-Mouchet.
La 2e Compagnie du 2e Bataillon a subi le premier choc, la 3e est venue
l'appuyer, les Truands ont empêché l'enveloppement sur la gauche et le
Groupe Laurent est intervenu avec la 12e sur le revers de l'ennemi jetant
la plus grande panique chez celui-ci qui s'est retiré en abandonnant 50
morts.
Le 6 juin l'annonce
du débarquement suscite une grande joie, nous voyons déjà l'armée allemande
boutée hors de notre pays et pourtant de durs combats nous attendent.
Petit à petit la vie s'organise, nous procédons à la mise en place de
postes d'observation sur les crêtes voisines d'où l'on domine toute la
région, au nord vers Vedrines-Saint-Loup et Chastel, a l'ouest vers Saint-Flour
et au sud vers Ruines. Nous nous familiarisons avec les armes automatiques
que nous avons touchées et que parachutent presque chaque nuit les avions
alliés sur un vaste plateau situé vers l'est dont deux bonnes heures nous
séparent, marche pénible à travers les bruyères dans un site inconnu.
Le Mont-Mouchet est devenu un véritable camp, deux bataillons ont été
formés, le 1er comprend 6oo volontaires, nous sommes 70 du groupe de la
Banque affectés surtout aux 6e et 7e Compagnies mais certains sont au
2e Bataillon, aux 11e et 14e Compagnies et à la section des transports.
Nous apprendrons par la suite que d'autres camarades de la Banque ont
rejoint, après le 6 juin, le maquis de Bourg-Lastic.
Le 10 juin, 1'Etat-Major
fait savoir qu'une division allemande venant de Clermont par Brioude et
Lavouthe-Chilhac, monte attaquer le Mont-Mouchet. A 6 heures du matin
rassemblement de la Compagnie pour aller prendre position à Clavières
en contournant le Mont-Mouchet par les bois. Nous arrivons aux abords
de Clavières vers 11 heures, les colonnes blindées allemandes ont été
arrêtées, 60 véhicules ont été accrochés par les 3e et 4e Compagnies à
Clavières, 100 à Saugues par les compagnies de la Haute-Loire et la 12e.
Les Truands ont soutenu à 34 un combat contre une colonne entière. Au
soir, pour la 2e fois les Allemands se retirent. Ils ont incendié Ruines
et Clavières et se sont livrés à un véritable carnage fusillant femmes,
vieillards, enfants. Le maire de Clavières qui voulait éviter ce massacre
s'est présenté avec un drapeau blanc, il a été fusillé.

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Le 11 juin, les blindés
allemands repliés la veille à plus de 20 km reviennent à l'attaque sur
Clavières et Lorcières. Toutes les compagnies attaquées se défendent avec
ardeur et contiennent l'ennemi. L'artillerie allemande appuie l'attaque
qui avance ce qui ne pourrait se faire à égalité d'armes, les effectifs
allemands sont quatre fois supérieurs. L'artillerie s'acharne sur la Maison
forestière où est installé le G.Q.G. qui doit être évacué.
Sur le versant nord, dans le secteur de la 14e Compagnie, trois volontaires
du groupe de la Banque de Chamalières ont été tués RIBEROLLES Louis, d'un
éclat d'obus en pleine tête, JACQUEMIN Ferdinand et LEGLAND Didier, tous
deux âgés de vingt ans, massacrés dans un groupe de 15 volontaires composant
l'effectif d'un petit nid de mitrailleuses qui interdit pendant plus de
vingt-quatre heures le passage du petit pont du Crépoux, sur la route
de Pinols au Mont-Mouchet, aux chars allemands, VERDIER Jean de la Papeterie
de Vic-leComte a été tué au cours de la contre-offensive de Clavières.
Nous recevons l'ordre de décrocher dans la nuit en direction du réduit
de la Truyère que nous devons rallier au Pont-de-Mallet. D'autres ont
reçu l'ordre de rejoindre d'autres maquis. Ce repli de 600 hommes, certains
chaussés seulement d'espadrilles, avec armes et bagages, y compris les
mitrailleuses et les F.M. demeure comme une des réalisations les plus
extraordinaires, par exemple la traversée de la route Clavières-Ruines
où se succèdent les convois allemands sous les fusées qui éclairent le
paysage. Nous sommes guidés par un habitant du pays et sa jeune femme
qui nous procurent deux tourtes de pain qui nous paraissent bien maigres
partagées entre nous tous. Nous marchons toute la nuit en direction du
Viaduc de Garabit. Au jour nous nous installons dans un petit bois et
prenons du repos jusqu'à 15 h 30 et repartons en utilisant les sous-bois
pour ne pas nous faire repérer par les avions de reconnaissance qui patrouillent
à notre recherche. Les Allemands ont repris leur offensive sur le plateau
de la Margeride et nous recherchent sans succès. Vers 19 heures nous faisons
à nouveau halte à proximité de Chaliers où nous nous partageons trois
tourtes de pain et quatre douzaines d'oeufs que nous répartissons entre
les blessés. A 22 heures le départ est donné pour franchir un point extrêmement
dangereux la route de Saint-Flour à Saint-Chely-d'Apcher. Nous la franchissons
vers Charmensac et à l'aube nous sommes à Faverolles où nous prenons du
repos. Nous reprenons notre marche à 8 heures et à 10 heures nous sommes
au pont de Mallet point qui nous a été assigné. Un camion de ravitaillement
arrive vers 14 heures, nous y faisons honneur car l'appétit reprend ses
droits maintenant que nous sommes reposés.

Le lendemain 14 juin,
nous prenons place dans des camions qui, par Fridefont, nous amènent à
proximité de Paulhac où nous nous reposons deux jours. Le 17 juin, sur
ordre du G.Q.G. qui est installé à Saint-Martial, nous rejoignons Anterrieux.
Les 5e et 6e compagnies se trouvent au Pont-Rouge, à Deux-Verges et à
Saint-Juéry sur la route de Chaudesaigues à Saint-Chely-d'Apcher.
Nous apprenons le bilan de la bataille du Mont-Mouchet. Nous avons eu
150 disparus, tués ou achevés par l'ennemi. Presque tous nos blessés ont
pu faire le décrochage.
Les Allemands avouent de leur côté 1.400 tués et 1.700 blessés soit des
pertes dix fois supérieures. Le misérable HENRIOT annonce à la radio que
6.000 terroristes ont été anéantis dans le Cantal. Le nouveau bataillon
qui est reformé prend le nom de 2e bataillon. Il comprend quatre compagnies
et compte 800 hommes. La nouvelle organisation du réduit de la Truyère
a prévu sa division en deux parties, l'une au nord ayant Fridefont comme
Q.G., l'autre au sud avec Saint-Martial.
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VERDIER Jean François
Michel
Né le 3-5-1922 à Corent (PDD)
Caporal-chef .
"Mort
pour la France" à Clavières (Cantal) le 11-6-1944
au cours d'un engagement avec les Allemands
Croix de guerre avec étoile d'argent.
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Le "Mouchard" surveille
la région, l'attaque ennemie ne doit plus être loin. En effet le 20 juin
à 9 heures, l'alerte est donnée. Un important convoi allemand est signalé
à l'ouest de Chaudesaigues. Les ordres sont de tenir le plus longtemps
possible et de laisser s'infiltrer la colonne ennemie dans le cirque de
Mallet. Les 5e et 6e compagnies signalent que le contact est pris avec
l'ennemi. Le capitaine de la 5e est blessé, un lieutenant part pour le
remplacer. Le bruit de fusillades de plus en plus nourries parvient jusqu'à
nous, l'attaque est de grande envergure et s'étend à tout le réduit de
la Truyère. Vers 12 heures il apparaît de plus en plus certain que les
compagnies stationnées à Saint-Juéry, Deux-Verges et Pont-Rouge n'ont
pas réussi à empêcher les infiltrations de l'adversaire, Anterrieux se
trouve sous le feu des blindés allemands. C'est sous une grêle de balles
et de torpilles de mortier, puis de bombes de 50 kg que déversent sur
nous quatre bombardiers à croix noires que nous devons quitter le terrain
laissant 34 des nôtres dont notre camarade POUZADOUX, la jambe arrachée
par une torpille de mortier. A 13 heures le repli sur Recoules et Paulhac
est ordonné. Une énorme colonne de fumée noire s'élève au-dessus d'Anterrieux
qui a été incendié par les Allemands. Paulhac est bombardé par l'artillerie.
Vers 17 h 30 une escadrille surgit à faible altitude, elle commence au-dessus
de nous une ronde infernale. Pendant quarante minutes nous sommes inondés
de bombes, obus et rafales de mitrailleuses. Les avions repartent enfin
et nous constatons que nous n'avons que quelques blessés. A 20 heures
arrive l'ordre de repli général sur Albaret-le-Comtal. Nous passons près
des installations du garage qui portent les traces d'un récent et violent
bombardement, les avions sont passés par là aussi. Nous parvenons à Maurines
où se trouve l'ambulance encombrée de blessés.
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POUZADOUX Antoine
Gabriel
Né le 18-4-1905
à Clermont-Ferrand(PDD).
Sergent-Chef
"Mort
pour la France" le 20-6-1944 à Anterrieux (Cantal) au
cours d'un engagement avec les Allemands.
Médaille Militaire - Croix de guerre avec Palme - Médaille
de la Résistance
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Nous descendons maintenant
par une route en lacets qui nous conduit au fond d'un ravin profond où
coule un affluent de la Truyère, le Bès, que nous franchissons sur les
tuyaux d'une usine génératrice d'électricité. Les Allemands ont oublié
de garder cette seule sortie possible à l'est. Nous poursuivons notre
route pour nous arrêter dans un bois à environ 1.500 mètres d'Albaret-le-Comtal
où nous prenons du repos en attendant le jour.

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Les avions allemands
sillonnent le ciel, et le bois étant clairsemé, notre présence ne saurait
tarder à être signalée ; successivement d'ailleurs tous les bois sont
mitraillés. Le G.Q.G. de Saint-Martial n'a pu donner suite à son repli
sur Albaret-le-Comtal et a pris la direction du réduit du Lioran. Devant
cette situation notre commandant donne sagement un ordre de dispersion
par petits groupes. Nous devons essayer soit de regagner Clermont, soit
rejoindre d'autres maquis.
Le bilan de la bataille est cruel, le 2e bataillon a particulièrement
souffert.
La 5e Compagnie a perdu au moins la moitié de ses effectifs, mais elle
aura eu le mérite, en tenant tout la journée à Saint-Juéry, de permettre
le repli par les gorges du Bès, de centaines de camarades.
La 6e Compagnie a eu quelques pertes, mais a pu, en grande partie, se
replier sur 1'Aveyron.
La 7e Compagnie a perdu une grande partie de son effectif.
La 8e Compagnie a pu également se replier sur 1'Aveyron sans trop de pertes.
Cette page d'histoire du maquis prouve que les Allemands craignaient les
maquisards organisés, à tel point qu'ils n'hésitaient pas à lancer sur
eux des divisions entières.
Chaudesaigues n'est pas une victoire, mais la mission reçue qui était
de retenir les divisions ennemies a été exécutée.
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DELESALLE
Marius
Né le 3.09.1920
à Condat-les-Montboisiers (P.D.D.)
Caporal " Mort pour la France ".
Fussillé par les Allemands à Pérignat-ès-Allier le 15.06.1944
. Médaille militaire - Médaille de la Résistance
- Croix de guerre avec plame.
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Si le maquis de la
Truyère a été dispersé, les divisions allemandes n'en devaient pas moins
rester en état d'alerte dans le Centre car d'autres maquis se réorganisaient,
prêts à l'attaque comme au Mont-Mouchet et à Chaudesaigues.
En effet dans d'autres lieux, des agents de la Banque se battaient contre
l'occupant ainsi que devait l'apprendre le groupe qui rejoignit Clermont.
Certains ont participé à l'opération de la prison de Riom qui libéra des
patriotes qui reprirent le combat par la suite.
Parmi les camarades de groupe ayant rejoint les maquis, deux du maquis
de Bourg-Lastic ont été tués au cours d'un accrochage avec un convoi allemand
GIARETTO Noël et SERGERE Henri, deux autres ont été capturés DELESALLE
Marius et CYPRIEN Max. Ceci se passait le 13 juin 1944, le 15 juin ils
sont fusillés à Pérignat-ès-Allier. Par miracle CYPRIEN échappait au massacre.
Voici le récit de ce fait exceptionnel donné par l'intéressé.
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MARTIN Henri
Né le 22.05.1925 à Clermont Ferrand (P.D.D.)
Sergent " Mort pour la France ".
Fusillé par les Allemands le 1.07.1944 à Orcines (P.D.D.)
Médaille militaire - Croix de guerre
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Le
15 juin à 10 heures la porte de la cellule s'ouvre sur trois Allemands
en civil, mitraillette au poing. Des gradés allemands discutent devant
la porte. L'un d'eux qui parle français, le sinistre ROTH, appelle un
de nos camarades. Il lui fait retourner ses poches de pantalons à l'envers
et les perce, lui demande de faire voir ses mains et le confie à un soldat
qui l'emmène. Nous sommes tous traités de la même façon, les Allemands
raflant les bagues de ceux qui en ont. Nous montons dans un camion où
nous retrouvons quatre autres de nos camarades. Nous sommes tous de la
couleur du cirage noir tellement nous avons été matraqués.
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MALVEAU André Albert
Né le 28.11.1923 à Saint-Quentin (Indre et Loire)
Sergent-Chef
" Mort pour la France " le 4.06.1944 à Manerol commune de Doutreix
(Creuse) au cours d'un engagement avec les Allemands.
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Le camion se met
en route, un homme est au volant, deux autres mitraillettes au poing nous
gardent. Nous passons par Aulnat, Lempdes, Dallet, Mezel. A la sortie
de Mezel la dernière borne que je vois est: Billom 10 km, Chauriat 4 km.
Le camion prend cette route et nous nous retrouvons en pleine nature sur
des chemins de campagne. A un moment nous doublons un paysan conduisant
son char vide. Cent mètres plus loin, à l'orée d'un petit bois, le camion
s arrête, les sinistres ROTH et KALTSEISS viennent nous faire descendre
mais le paysan survenant ils le laissent passer en lui disant : " Bonjour
Monsieur ". Il leur répond mais ne nous voit pas dans le camion. Lorsqu'il
s'est éloigné ils nous font descendre. Ils sont maintenant six à nous
encadrer, cinq en civil, un en uniforme. Ils nous conduisent à l'orée
du petit bois. Sur le chemin des camarades leur demandent pourquoi ils
vont nous fusiller. ROTH répond " Fermez vos gueules ". Enchaîné à Léon
DELESALLE, je lui dis: " Retourne-toi, regarde le soleil car dans deux
minutes nous ne le verrons plus ". Arrivés vers les arbres ils nous font
asseoir par terre, un Allemand nous enlève les menottes pendant que les
autres nous tiennent en respect avec leurs mitraillettes. ROTH nous donne
l'ordre de nous mettre debout mais apercevant le paysan qui charge son
char de foin, nous fait allonger à terre. Je vois à ce moment les deux
frères DELESALLE qui s'embrassent. Les mitraillettes entrent alors en
action. Deux balles m'atteignent, l'une au mollet, l'autre à la cuisse,
je pousse un cri, lève un peu la tête et retombe face contre terre la
tête sur mon bras gauche et la main droite légèrement en l'air. Quatre
mitraillettes et deux revolvers nous tirent dessus de la distance de trois
mètres. Ils rechargent les mitraillettes après avoir vidé les premiers
chargeurs et la fusillade reprend jusqu'à épuisement des nouveaux. Un
silence de mort plane au-dessus de nous. Tout à coup, à droite, un coup
de feu claque, puis un autre, je pense au coup de grâce et compte les
coups. J'en compte huit et me dis " Maintenant à ton tour " . Il passe
à côté de moi et donne le coup de grâce à mon voisin de gauche. Je ne
respire plus, ne bouge plus les sens en attente. La douille éjectée du
revolver me tombe sur la main droite, je la laisse glisser le long de
mon bras sans faire le moindre mouvement. J'entends tout à coup tourner
le moteur du camion. Sachant qu'il doit manoeuvrer pour faire demi-tour,
je ne bouge toujours pas, je crains qu'un Allemand soit resté près de
nous pour voir si nous sommes vraiment morts. Lorsque je suis sûr qu'ils
sont bien partis, je lève la tête petit à petit et regarde autour de moi.
Je vois un affreux carnage, mes camarades sont couverts de sang, leur
tempe trouée par le coup de grâce. Je dis " Alors les gars, on se lève
". Aucune réponse. Je touche Léon DELESALLE car son frère s'est couché
sur lui pour le protéger. Pas de réponse. Je regarde alors ma blessure
au mollet et ne la trouve pas trop grave. Je passe ma main sur ma cuisse,
je la retire pleine de sang. Sans perdre mon sang-froid, j'appelle le
paysan qui charge son char de foin. Il vient vers moi et me dis " Vous
n'êtes pas fou d'essayer des armes en plein jour ". Je lui réponds : "
Regardez, les Allemands viennent de nous fusiller ". Il appelle son fils,
me met sur son char de foin et m'emmène dans sa grange. Il court ensuite
chercher le médecin de Cournon qui vient aussitôt me soigner. Je donne
les noms de tous mes camarades fusillés pour qu'on prévienne leurs familles.
Le soir même on me transporte à Mezel car les Allemands ont appris qu'il
manque un corps et ils me recherchent ".
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HIEGEL Maurice Fernand
Né le 28.05.1922 à Paris
Sergent
"Mort pour la France " le 16.08.1944 au Pont de Fraisse,
commune de Saint-Julien-Puy-Lavèze
au cours d'un engagement avec les allemands.
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Le 13 juillet, MARTIN
Henri qui était parti avec nous dans le Cantal et avait été capturé le
9 par les Allemands, au Bourget durant la bataille de la vallée de Brezons,
dans les environs de Saint-Flour, était fusillé avec 23 autres patriotes
dans une carrière en bordure de la route d'Orcines, après avoir été incarcéré
à la prison du 92e R.I.
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MOSNIER Pierre
Né le 29.05.1913
" Mort pour la France " le 1.09.1944
au cours d'une mission à Aigueperse (P.D.D.)
Médaille militaire - Croix de guerre avec étoile de vermeil.
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Nous apprenons encore
avec tristesse que MALVEAU André, dont nous étions sans nouvelles, a été
tué au cours d'un engagement avec les miliciens et les Allemands, le 4
juin 1944 à Manérol, commune de Dontreix dans la Creuse. Dix jeunes gens
ont été encerclés et fusillés dans une grange aussitôt incendiée.

Le
17 août nous apprenons que la libération de Clermont est prévue pour la
fin du mois. Tout doit se dérouler dans l'ordre et chacun de nous reçoit
des instructions à ce sujet. Effectivement, le 27 août, les Allemands
quittent la ville remplacés immédiatement par les F.F.I.
Conformément aux instructions, le groupe de la Banque assure la protection
de l'Imprimerie. Tout ceci se déroule sans un coup de feu. Mais nous apprenons,
hélas, encore la mort d'un des nôtres, HIEGEL Maurice, tué en combat par
les Allemands à Pont-de-Fraisse, le 17 août.
Nous pensions la liste close, eh bien non ! le 1er septembre notre camarade
MONIER Pierre tombait stupidement au volant de sa voiture sous une balle
F.F.I. partie un peu lestement lors du passage d'un barrage par notre
malheureux ami pressé d'accomplir une importante mission de liaison.
Et ce fut bien pire lorsque nous vîmes arriver les premiers libérés des
camps de concentration. La liste devait encore s'allonger avec le petit
VERDIER Louis qui, dans un état indescriptible, ne put se remettre et
mourut le 31 juillet 1945, avec BELLENGER Roger, COUPAT Robert, décédé
à Flossemburg, FERREBUF Roger, décédé à Melk, commando de Mauthausen,
PARRET Paul incarcéré à Buchenwald pour sabotage, tous avaient payé de
leur vie leur opposition à un régime que l'on souhaiterait ne plus jamais
revoir.
 |
DE
LALLEMANT DE LIOCOURT Arnold Henri Marie
Né le 3.10.1891 à Bruyère (Vosges)
Capitaine
" Mort pour la France " à Buchenwald le 9.05.1944.
Légion d'honneur - Croix de guerre 14.18 et 39.45 avec palme et étoile
de bronze - Médaille de la Résistance - Médaille interalliée de la
Victoire. |
La gestapo avait
aussi arrêté un fervent agent de la résistance dans les locaux de l'Imprimerie,
notre collègue DE LIOCOURT, membre d'un réseau, qui fut déporté et décéda
le 9 mai 1944 en Allemagne dans le camp de concentration de Buchenwald.
La Papeterie de Vic-le-Comte mena aussi son combat pour la libération
de la France et paya son tribut de martyrs.
VERDIER
Louis
Né le 24.07.1924 à Clermont Ferrand (P.D.D.)
Déporté à Auschwitz, Buchenwald, Flossenburg.
" Mort pour la France" le 30.07.1945.
Décédé à son retour à Clermont Ferrand, à l'hopital. |
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BELLENGER
Roger François Léon
Né le 7.11.1922 à Billom (P.D.D.)
Porté disparu au camp de Mathausen (Allemagne) le 11.05.1945. |
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COUPAT
Robert Henri
Né le 25.08.1924 à Clermont Ferrand
Arrêté le 10.03.1943.
Déporté. " Mort pour la France " à Flossen-burg.
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FERREGOEUF
ROGER Jean René
Né le 7.01.1926 à Clermont-Ferrand (P.D.D.)
Décédé le 27.05.1944 à Mathausen (Melk) Allemagne.
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PARRET
Paul Jean Marie
Né le 25.01.1922.
Déporté."
Mort pour la France " à Buchewald (Allemagne) le 23.03.1945.
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Notre combat fut
un combat victorieux, mais nous voulons faire connaître au monde les espoirs
qui animaient l'ardeur combative de tous. Ces espoirs sont contenus dans
le programme du Conseil National de la Résistance, dont voici le texte
:
Programme
d'Action de la Résistance C.N.R.
Née de la volonté
des Français de refuser la défaite, la Résistance n'a pas d'autre raison
d'être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est
en effet qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi
unanimes de la Nation que la France retrouvera son équilibre moral et
social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son
unité.
Aussi, les représentants des organisations de Résistance, des centrales
syndicales et des partis ou tendances politiques groupées au sein du C.N.R.,
délibérant en Assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s'unir
sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action immédiate
contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la libération
du territoire, un ordre social plus juste.
I. - PLAN D'ACTION IMMÉDIATE
(Ce texte, appréciant la situation, affirmait la décision du C.N.R. de
libérer la patrie et en indiquait les voies et moyens.)
II. - MESURES A APPLIQUER
DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
(texte intégral)
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre
pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les
représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques,
groupés au sein du C.N.R. proclament qu'ils sont décidés à rester unis
à la libération :
1 - afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par
le Général de Gaulle, pour défendre l'indépendance politique et économique
de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et
dans sa mission universelle ;
2. - afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le
domaine de l'administration et de la vie publique de tous ceux qui auront
pactisé avec l'ennemi ou qui se sont associés activement à la politique
des gouvernements de collaboration ;
3. - afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants
du marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices
de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du
peuple et de la nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation
de tous les biens ennemis, y compris les participations acquises depuis
l'armistice par les gouvernements de l'Axe et par leurs ressortissants,
dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution
de ces participations en patrimoine national inaliénable ;
4. - afin d'assurer
- l'établissement
de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français
par le rétablissement du suffrage universel,
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression,
- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard
de l'état, des puissances d'argent et des influences étrangères,
- la liberté d'association, de réunion et de manifestation,
- l'inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance,
- le respect de la personne humaine,
- l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
- afin de promouvoir les réformes indispensables
a) sur le plan économique
- instauration
d'une véritable démocratie économique et sociale impliquant l'éviction
des grandes féodalités économiques et financières de la direction de
l'économie,
- une organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination
des intérêts particuliers à l'intérêt général,
- la garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant
à la stabilité de la monnaie,
- la reconstitution dans ses libertés traditionnelles d'un syndicalisme
indépendant, doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique
et sociale,
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens
des moyens d'existence dans tous les cas où ils sont incapables de se
les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants
des intéressés et de l'état,
- la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage
et de licenciement,
- le rétablissement des délégués d'atelier,
- l'élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la
terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs améliorant et
généralisant l'expérience de l'office du blé, par une législation sociale
accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de
l'industrie, par un système d'assurance contre les calamités agricoles,
par l'établissement d'un juste statut du fermage et du métayage, par
des facilités d'accession à la propriété et affranchie de la dictature
professionnelle instaurée à l'usage des états fascistes,
- l'intensification de la production nationale selon les ligues d'un
plan arrêté par l'état après consultation des représentants de tous
les éléments de cette production,
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit
du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol,
des compagnies d'assurance et des grandes banques,
- le développement et le soutien des coopératives de production, d'achat
et de vente, agricoles et artisanales,
- le droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de
direction et d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications
nécessaires et la participation des travailleurs à la direction de l'économie;
b) sur le plan social
- le droit au travail
et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l'amélioration
du régime contractuel du travail,
- un rajustement important des salaires et la garantie d'un niveau de
salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille
la sécurité, la dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine
pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan d'équipement
rural,
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement
leurs jours,
- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour
les victimes de la terreur fasciste;
c) Une extension
des droits politiques sociaux et économiques des populations indigènes
et coloniales;
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier
de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle
que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions
les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les
capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite
véritable nom de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée
par les apports populaires.
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