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| | La 1ère Guerre Mondiale |
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MONUMENT AUX MORTS |
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| POÈME DE M. JEAN RICHEPIN DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE |
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CEUX dont ce monument consacre la mémoire N’étaient point des chercheurs d’aventure ou de gloire. C’est à toi, vénérable et tranquille Maison N’ayant que le devoir pour austère horizon, C’est à toi seule qu’ils avaient voué leur vie Et la sacrifiaient sans avoir d’autre envie Que d’y bien faire leur carrière obscurément.
Probité, loyauté, méthode, patience, Travail, grand ou petit, partout en conscience, Toujours méticuleux et toujours jusqu’au bout ! C’est par l’effort de tous que l’oeuvre tient debout. Quelle œuvre ? Le trésor, l’épargne de la France, Son bas de laine au fond duquel dort l’espérance, Le Crédit, le soleil de l’or, dont nous voyons Dans nos jours les plus noirs s’allumer les rayons Prêts à verser un peu de joie en notre poche Quand on croise, humble et doux, le porteur de sacoche. Eh bien ! de ce dernier jusqu’aux premiers d’entre eux, Voilà ce qu’ils étaient, ces hommes, généreux Sans penser qu’ils l’étaient, sans y trouver matière A quelque orgueil ! Et, donc, pour l’existence entière S’étant voués à la vénérable Maison Dont un simple devoir est l’unique horizon, Tout compte fait, ils y poursuivaient leur carrière, Et bien peu se sentaient, certes, d’humeur guerrière. Soudain la France crie "A moi, fils! Au secours !" Et, tel notre Gautier : "On bat maman ? J’accours !" Ont-ils répondu, tous. Et voici sous les armes Ces braves gens, parmi les horribles vacarmes De la bataille, les blessures, les trépas.
Ils s’y donnent à plein cœur, quoique sans étude, Avec les mêmes soins dont ils ont l’habitude, Et les mêmes vertus qui font tout jusqu’au bout. Aussi calme qu’à son guichet, on meurt debout ; Et dans l’abîme, pour que notre France en sorte, Plus de sept cents d’entre eux ont payé de la sorte. Honneur à ces héros ! Probité! Loyauté ! Ils ont réglé l’effet qu’on leur a présenté. Ils ne réclament rien, eux, du beau sacrifice ; Ils pensent qu’ils ont fait simplement leur service ; Mais toi, qui te sens leur débitrice, ô Maison, Tu leur veux dans la mort un sublime horizon, Et, sur ce monument consacrant leur mémoire, Eux, qui ne l’avaient point cherchée, ils ont la gloire. Signé : Jean RICHEPIN |
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