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| | La 1ère Guerre Mondiale |
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MESSAGER DE MILLAU (08.09.1917) |
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Témoignage
d'un de nos adhérents adressé au "Messager de Millau". Il
était alors aspirant à la 3ème batterie du 9ème
régiment d'artillerie. |
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| AU MORT HOMME, après la bataille | |||||
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| 26 juillet 1917 | |||||
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Je viens de visiter, cet après-midi, le Mort-Homme. Il ne reste plus
rien des lignes boches. La première ligne a été "crapouillotée"
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| Il n'y a pas, en effet, un seul mètre carré de sol intact. Partout l'artillerie a creusé des entonnoirs dont certains ont 6 mètres de profondeur sur 8 mètres de large et plus. Partout les pierres et les blocs de terre, soulevés de l'intérieur du sol, sont retombés en avalanche, écrasant tout ce qui pouvait se trouver à leur point de chute. C'est une destruction complète de tout ce terrain, de ces champs de blé dont, dans nos lignes, on voit encore la glèbe. | |||||
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Nous sommes allés
ainsi, montant ou descendant à chaque pas, au P.C. (poste de commandement)
du Colonel d'Infanterie, voir l'officier du groupe qui faisait la liaison. |
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Nous sommes entrés
par une ouverture de sape ordinaire, pas plus grande. Au fond, à
20 mètres sous terre (l'épaisseur du plafond de terre varie
de 15 à 25 mètres) on est surpris par l'humidité
et la fraicheur ; on passe par une porte blindée de 50 cm d'épaisseur.
Nos soldats sont couchés sur des lits ou des brancards d'infirmiers
le long des murs. La galerie rectiligne va jusqu'à l'ancienne 3ème
ligne allemande. Elle est assez grossièrement faite et n'offre
que la solidité de la terre |
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Cinq cents mètres plus loin, les lits font place à une voie de soixante centimètres. Sur les côtés, creusées dans la terre, les chambres d'officiers, boisées, tapissées de papier marbré. Puis une infirmerie modèle. Salle centrale, salle d'opérations, cuisine et annexes. Nous y avons vu
un médecin de bataillon qui l'occupait et y conservait trois boches
faits prisonniers la veille. Ces trois boches étaient restés
cinq jours murés dans une sape avec des cadavres ; ils étaient
entièrement abrutis. Aussi, avant de les envoyer à l'arrière,
le médecin avait eu pitié d'eux, il les a gardés
48 heures à l'infirmerie. On les a fait parler ; il avait fallu
les retirer de leur trou avec une corde. L'un d'eux était blessé
; un quatrième, retiré en même temps, est mort ensuite.
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En face de l'infirmerie,
la pharmacie : un désordre inexprimable. Ils ont dû soigner
beaucoup de blessés dans les derniers moments où ils occupaient
le tunnel. A côté,
la chambre des machines -formidable-. Une salle de machines d'usine modèle
: 2 moteurs à essence d'une force de 180 chevaux ; 2 compresseurs
pour envoyer de l'eau dans les différentes parties du tunnel, un
réservoir à essence, |
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Enfin, au milieu
de la pagaye d'armes, couvertures, vêtements, équipements,
cartouches, casques surtout (il y en avait peut être 2 000) trainant
dans la boue, nous sommes arrivés à l'endroit où
notre 400 a percé les 13 mètres de terre ; Nous sommes revenus par le même chemin, heureux de sortir bientôt de cette atmosphère putride et de respirer un peu d'air moins empesté. Le capitaine a laissé
les officiers que nous avions rencontrés en allant et nous sommes
allés voir les premières lignes. J'ai pris des photos intéressantes
de poilus dans les trous d'obus, car il n'y a pas de tranchées
encore. Cela a, d'ailleurs, |
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Nous avons vu l'enthousiasme de tous ces braves types pour la préparation d'artillerie. Deux fois, j'en ai entendu qui disaient : "Si on faisait toujours comme cela, nous serions bientôt à Berlin". Les officiers disaient au capitaine qu'on ne pouvait pas les tenir quand ils ont vu que les boches faiblissaient. Ils ont même été trop vite en certains points et ont dû ralentir leur allure, pour se laisser précéder par le tir d'accompagnement. Le moral est en ce moment plus haut qu'il n'a jamais été depuis 3 ans. Il faudrait maintenant en profiter pour pousser de l'avant : le boche serait vite en déroute. Le fait est que, quand on entend les fantassins vous dire qu'à mesure qu'ils avançaient de 10 mètres, le mur de fer et de fumée qu'ils avaient devant eux avançait aussi de 10 mètres, sans rien laisser debout que des boches les bras en l'air, ça fait plaisir. Nos contre-batteries ont dû être excessivement efficaces. Le barrage boche s'est déclanché 10 minutes après le départ de la première vague, quand il n'y avait déjà plus personne dans nos tranchées. Et ce barrage était très faible. Toutes nos communications téléphoniques marchaient. Nos anciennes tranchées sont encore complètement intactes. |
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Espèrons que ce succès n'est que le prélude de plus grands et qu'au lieu d'avancer de deux kilomètres, nous avancerons bientôt de 50, jusqu'au Rhin. Ce serait si facile, une fois le démarrage fait. |
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| Un poilu de Millau | |||||